L'hebdomadaire communiste du Pas-de-Calais - Littoral
Edition du 10 au 16 octobre 2008

L'hebdomadaire communiste du Pas-de-Calais - Littoral
Edition du 10 au 16 octobre 2008
DE LA “CRISE FINANCIÈRE” AU 34ème CONGRÈS, EN PASSANT PAR LES EFFETS DE LA POLITIQUE MUNICIPALE DE DROITE….
ICI, lors de la réunion des responsables de la cellule Coussin – Legros – Camphin, lundi soir au Siège, on sʼorganise pour
la distribution du journal de Section, Réalités du Calaisis, et prépare le Congrès de Section fixé au 15 novembre. La Section organise trois réunions dʼinformation sur les textes du Congrès :
samedi 18, mercredi 22 et lundi 27 octobre. Bertrand Péricaud, André Pouilly, Yamina Djebar, Marcel Levaillant étaient présents, la semaine dernière, aux côtés des salariés de Carrefour Mivoix.
Les cellules du Beau Marais distribuent actuellement un tract dénonçant les risques pour lʼemploi et pour ce lieu de vie dans le quartier suite à la décision de lʼU.M.P. Bouchard de remettre en
cause, à la fois, le projet dʼimplantation au Virval et le projet de lʼA.N.R.U. pourtant présenté aux habitants fin 2007.
RENCONTRE AVEC LA PRESSE : LA SECTION DU PCF ET LES ÉLUS COMMUNISTES ONT FAIT LE POINT SUR L’ACTIVITÉ POLITIQUE ET SOCIALE
IL y fut dʼabord question de la “crise financière” actuelle, en réalité une révélation de plus de la crise du système capitaliste. Comme lʼindiquait Claude Vanzavelberg : “la crise actuelle nʼest pas seulement financière, elle est globale. Ce sont ceux qui ont tout privatisé, tout déréglementé, tout subordonné aux appétits des marchés qui viennent de provoquer cette situation que va encore payer le monde du travail. ”. Et de dénoncer lʼaberration de la politique U.M.P. en ces termes : “est-ce bien le moment, en France, de “nettoyer” les quelques protections qui restent grâce au Code du Travail ? Est-ce bien le moment de maintenir les salaires dans lʼétat où ils sont ? Est-ce le bon moment pour continuer à laisser les “marchés ” spéculer plus encore sur les prix à la consommation ? Est-ce le bon moment pour mettre en place le financement par la Bourse des retraites, de marchandiser la Santé ou de privatiser la Poste, etc.” Pour les Communistes du Calaisis, lʼheure est à la bataille des idées comme lʼexprime leur journal de Section dont ils organisent en ce moment la diffusion.
Et le 34èmeCongrès tombe à pic… Autre temps fort de cette rencontre de presse, celui de la situation locale. En évoquant le très bon score des candidats communistes à la cantonale partielle de septembre, les menaces sur lʼemploi local Noyon (comme expliqué en page départementale) ou encore Carrefour avec les décisions de la Municipalité U.M.P. et la non réaction de la Chambre de Commerce et dʼIndustrie, les Communistes dénoncent les attaques contre la vie associative locale, syndicale et politique (le loto du P.C.F., le 7 décembre, a été interdit), ou lʼépuration des listes électorales sur les quartiers comme le Beau Marais ou le Fort Nieulay.
La volonté des élus U.M.P. semble être dʼy aboutir à une situation à “lʼaméricaine” où seulement un tiers des habitants est inscrit sur les listes pour pouvoir voter… Mais pas question pour les Communistes du Calaisis de se laisser bâillonner !
NOYON EN REDRESSEMENT JUDICIAIRE
La préparation d'un plan social ne fait aucun doute
Par Pierre Pirierros
Réunion des syndicalistes CGT de la Dentelle à l'Union
textile à Calais. Bertrand Péricaud a exprimé la solidarité
du PCF au personnel de Noyon. (Photo Liberté 62)
LE fabricant Noyon Dentelle (Calais), qui emploie quelques 445 personnes, est placé en redressement judiciaire depuis le 3 octobre dernier par le tribunal de commerce de Béthune, avec une période d'observation de sixmois. Voilà comment la nouvelle a été annoncée aux salariés d'un métier en crise structurelle profonde. Dominique Hecquet, syndicaliste et délégué de la CGT, que nous avons rencontré en début de semaine, nous apprend aussi que l'ensemble de l'unité de production va être touchée (leavers, tricotage, métrage, réglage, finition), bref, tous les secteurs sont affectés. Que se passe-t-il donc réellement chez Noyon ? Tout le monde à Calais et dans la profession sait qu'Olivier Noyon est un grand communicateur et qu'il connait son sujet en digne successeur d'une lignée de patrons dentelliers. Récemment, au salon “Interfilières”, à Paris, il évoquait à mi-mot une restructuration profonde de l'entreprise (fondée en 1919); entreprise aux parfums paternalistes d'un temps révolu. Son profil est celui d'un entrepreneur, certes, mais d'un entrepreneur qui s'apprête à virer la moitié du personnel pour se garantir des bénéfices.
Qui ? Quand ? Comment ? Toutes ces questions, tous les salariés les posent et se les posent. D'abord avec les délégués du personnel, avec les élus du Comité d'entreprise et ensuite entre eux. Car, il ne faut pas se cacher derrière la belle dentelle produite par Noyon, tout le monde va trinquer et, bien évidemment, l'économie calaisienne. L'Union textile CGT (sise à la bourse du travail de Calais) s'est réunie immédiatement pour se pencher sur cet épineux dossier. Faut-il, oui ou non, demander au comité d'entreprise, la nomination d'un expert-comptable ? Faut-il faire voter les salariés ? Quels types d'actions faut-il entreprendre et comment ? Tout cela entraîne une réflexion de fond sur le fonctionnement de l'usine. Cette éventuelle restructuration est pour Bertrand Péricaud, secrétaire de la fédération du PCF, une “étape destructrice de l'emploi et de l'identité même d'un produit haut de gamme, la Dentelle de Calais. La Dentelle a besoin d'une autre vision”. D'ailleurs, les deux mots sont accolés, ils ne peuvent être séparés, ni par la conjoncture, ni par les investisssements entamés sous d'autres cieux, ni par un licenciement collectif. Le prétexte de baisse du chiffre d'affaire est due à l'externalisation de sa production, externalisation faite pour des gains financiers supérieurs, sans prendre en compte l'aspect humain des salariés calaisiens, ni des conditions de travail et de salaires des Sri lankais.
“Un plan social doit être fait le plus vite possible” la nuance n'est pas de mise et Olivier Noyon ne s'embarrasse plus de périphrases pour évoquer l'avenir de l'établissement.“Les salariés, eux, seront fixés, sous quinze jours, précise le syndicaliste de la CGT.Dans moins de deux semaines en tout cas, les salariés de Noyon connaîtront plus précisément également l'étendue des dégâts. Le Leavers est et reste toujours une image de marque indéniable. Quant à la mise en place d'une intersyndicale (CGT, CFDT, CFTC), elle n'est pas à l'ordre du jour. La mentalité de Noyon est à part dans le paysage salariat.. C'est ainsi. La Dentelle a beaucoup souffert, ces trois dernières années. Si on ne bouge pas, c'est faire admettre l'idée d'un certain fatalisme. En fait,la mise en place de l'administrateur judiciaire est là pour préparer la liste du plan social. Faire peur aux salariés n'est plus d'époque. La vigilance s'impose mais l'ambiance à l'intérieur de l'entreprise est tendue. "Le tribunal de commerce de Béthune, dit le patron, a nommé un administrateur judiciaire afin de nous aider à mettre en place un plan de réorganisation et un budget rigoureux qui puissent assurer durablement notre équilibre économique." L'entreprise, qui exporte à plus de 70%, travaille avec tous les grands noms de la lingerie et également, au travers de sa marque Darquer, pour la haute couture. Noyon possède des unités de production au Sri Lanka. C'est là que des commandes y ont été transférées. Les inquiétudes légitimes du personnel créent une tension palpable qui rend déjà difficile la vie du personnel de Noyon.
Par Jérôme Skalski
Au cours d’un débat organisé début septembre, l’économiste Jacques Sapir et le député communiste européen Jacky Hénin sont intervenus pour évoquer l’avenir de l’industrie et notamment de l’industrie automobile en France et en Europe et les combats nécessaires pour les défendre.
INTERVENANT tout d'abord, l'économiste Jacques Sapir a souligné la nouveauté de la situation actuelle de l'industrie. Depuis
15 ans a-t-il expliqué, on assiste à une extension de la production industrielle dans le monde au détriment des pays développés et notamment des pays de l'Union Européenne. Ce transfert de
l'activité industrielle, et en particulier de l'industrie automobile vers les pays émergents, est facilité d'une part, par le libre échange et, d'autre part, du fait de l'extrême mobilité et de
la rapidité des flux de capitaux, facteurs qui, en se combinant, favorisent l'émergence d'industries performantes, “en terme de marché”, hors des zones originaires de leur développement. “Un
mécanisme qui tire vers le bas notre société” “Aujourd'hui, il est possible d'avoir des industries performantes en 10 ans. Traditionnellement a-t-il souligné, les pays nouvellement industriels
étaient moins efficaces que les pays les plus développés ce qui impliquait pour les premiers de recourir à des mesures protectionnistes visant à se protéger.
Or, ce que l'on constate aujourd'hui c'est une égalisation des niveaux de productivité qui se fait entre un certain nombre de nouvelles industries et les pays de vieille industrie. Cela est lié au déplacement des investissements et des flux de capitaux et, en même temps, au fait de l'existence de réglementations sociales et écologiques dans les pays anciennement industrialisés, situation qui crée un dumping social et écologique, non pas des pays les plus pauvres, mais des pays émergents. ” Cette absence de réglementation combinée avec des structures industrielles performantes et un capital mobile produit une situation sans précédent dans l'histoire du developpement industriel selon Jacques Sapir.
Son résultat, dans la perspective du néo-libéralisme, se réduit à l'alternative soit du démantèlement de notre niveau de protection sociale et écologique soit de la destruction de nos emplois industriels et leur remplacement par des emplois de service à faible valeur ajoutée et à très faible rémunération, bref à “un mécanisme qui tire vers le bas notre société”, mécanisme qui interdit le progrès économique et qui est mis en oeuvre dans le seul intérêt du profit capitaliste.
Une autre solution existe
Mais, a insisté Jacques Sapir, il existe une autre solution associant les intérêts des travailleurs des pays de vieille et des pays de nouvelle industrie : “Une autre solution existe. C'est ce que j'appelle : le protectionnisme social et écologique. Il consiste à avoir pour règle la compensation de la non-existence des réglementations par des droits de douane. Concrètement, quand vous avez des pays dont le niveau de productivité s'approche du nôtre tels la Chine ou l'Inde... vous êtes en droit de dire : “Puisque vous êtes en train de rattraper techniquement notre niveau industriel, vous devriez le rattraper aussi en terme de réglementation sociale et écologique. Vous êtes libre de ne pas le faire mais si vous faites le choix de ne pas développer ces réglementations sociales et écologiques alors nous, nous faisons le choix de taxer vos produits”
Dans cette situation, le protectionnisme transforme l'alternative du libéralisme en une logique de développement industriel et de progrès social et écologique partagé. Cela permet un développement industriel égal et c'est un moyen pour aider le mouvement syndical des pays émergents.” “Une vraie bataille est à mener concernant les principes du commerce mondial a insisté Jacques Sapir. Doit-on pénaliser les pays qui ont adopté les réglementations les plus avancées ? Mais aussi, cela est lié, concernant la logique des taux de change. Un euro à 1,35 $ ou 1, 40 $ est incompatible avec une industrie dans la zone euro ! Cela pose le problème de la gestion des taux de change. Fautil laisser les taux de change être déterminés par les seules lois du marché dans une situation où nous avons une très grande volatilité des capitaux ou faut-il revenir à des logiques de taux de change plus encadrés et plus contrôlés par les autorités économiques ? ”
Une question qui concerne des dizaines de milliers de salariés
Concernant l'avenir de l'industrie en France et en Europe et notamment de l'industrie automobile, Jacky Hénin, député communiste européen, a pour sa part rappelé un point essentiel de la question : le fait que le problème de l'emploi industriel, concrètement, “concerne des dizaines de milliers de salariés qui sont jetés à la rue comme des malpropres après avoir donné tout ce qu'ils avaient à donner pendant 20, 30, 35, 37 ans de leur vie”. “A-t-on besoin de l'industrie ? s'est interrogé Jacky Hénin : “Oui, pour répondre aux besoins des hommes et de femmes”. “Ce qui a changé, a poursuivi Jacky Hénin, c'est le but qui a été fixé à l'industrie.
Nous sommes passés d'une industrie où la recherche du profit se situait à 1,5 %, et où son rôle d'aménagement du territoire était pris en compte à une industrie dont le but est devenu la recherche du profit maximum et dans le temps le plus court possible et ceci sans tenir compte des conséquences pour les salariés et leurs familles. A partir de là, tout s'accélère : quand on a tiré le plus possible des économies à faire sur les matières premières, il ne reste qu'une seule variable, ce sont les salariés. Et le seul moyen de faire le maximum d'argent c'est de frapper sur la tête des salariés et de les opposer les uns aux autres en faisant croire aux salariés français qu'ils sont des privilégiés là où les Roumains ou les Bulgares par exemple acceptent de travailler pour moins.” Il faut une réorientation de la manière dont on utilise l'industrie. Cette situation, Jacky Hénin a insisté sur ce point, n'est pas inéluctable : “Tant qu'il y aura une course à la recherche du maximum de profit pour une minorité d'actionnaires, les choses ne s'arrangeront pas. Il faut une réorientation de la manière dont on utilise l'industrie. Il nous faut une industrie qui serve à développer les pays et à donner de l'emploi. Audelà de l'industrie elle-même, l'industrie est créatrice non seulement de richesses mais elle est créatrice de travail de service, de travail de commerce, elle est pourvoyeuse de pouvoir d'achat et d'énergie complémentaire pour faire avancer les choses”.
Contrairement à la vision d'un prétendu maximalisme ou d'un prétendu réalisme social aboutissant tous deux, pratiquement, à l'acceptation de la situation actuelle c'est-à-dire de la domination de l'industrie par la logique du capital, Jacky Hénin a souligné la nécessité de faire valoir ce projet de réorientation et de défense de l'industrie et notamment de l'industrie automobile en menant une bataille déterminée à tous les niveaux où elle se pose depuis les collectivités territoriales jusqu'au Parlement européen en passant par les mobilisations et les entreprises.
Liberté 62 n°829
L'hebdomadaire communiste du Pas-de-Calais - Littoral
Edition du 03 au 09 octobre 2008
STADE DE L’ÉPOPÉE À LA MIVOIX, ÇA Y EST !
IL y avait du monde pour lʼinauguration officielle du Stade de lʼÉpopée, samedi dernier, une réalisation de lʼancienne Municipalité de Gauche saluée comme telle par les 10 000 participants au milieu desquels Jacky Hénin et lʼéquipe municipale dʼhier. Un stade magnifique, comme lʼont signalé lʼensemble des médias et non une “cathédrale mégalo”. Nous y reviendrons prochainement.
INCROYABLE ET ILLEGAL
Lors du dernier Conseil Municipal à Calais, le 24 septembre dernier, le groupe des Élu(e)s Communistes et Républicain(e)s a osé demander que les travaux de “l’Observatoire du Développement Social” soient disponibles à la consultation de tous les élus municipaux car financés par tous les contribuables. La Maire U.M.P. a répondu qu’ils seraient seulement disponibles pour les élus de sa majorité ! Une illégalité de plus à mettre à l’actif de Madame Bouchart et qui retiendra – nous en sommes convaincus – l’attention des services de l’État qui doivent vérifier le légalité de ce genre de décision !
VIE DU PARTI
Le nouveau numéro du journal de la Section, Réalités du Calaisis, sera à la disposition des militants ce samedi de 9 heures à 10 heures 30 au Siège de la Section, pour une diffusion dans les quartiers.
Plus de 7 000 au Bois Campagne, le 15 août dernier pour la Fête du P.C.F., lʼexcellent résultat du tandem Jacky Hénin – Gisèle Cocquerelle avec leurs 41% sur les bureaux calaisiens lors de lʼélection cantonale partielle (canton détenu par la droite)… cela méritait bien une fraternelle réception qui a eu lieu vendredi dernier au Siège de la Section calaisienne avec les interventions dʼYves Desenclos et Jacky Hénin.
PETITION
Salariés du centre commercial Carrefour et habitants du quartier du Beau Marais ont signé massivement, ces dernier jours, une pétition indiquant :
“Aujourdʼhui, votre magasin Carrefour et votre quartier sont menacés !!! Quʼallez-vous devenir ? Vous qui participez à la vie du quartier depuis si longtemps, Vous qui avez partagé la vie de ce magasin depuis 35 ans, Voulez-vous que le coeur du quartier meurt en acceptant que Carrefour disparaisse ? Ensemble, le personnel et les habitants du quartier, mobilisons nous et signons cette pétition pour sauvegarder votre enseigne.”
Nous reviendrons dans notre prochaine édition sur cette inquiétude légitime des salariés et de la population liée à la décision du nouveau Maire de Calais de faire table rase du projet (pourtant approuvé par les habitants) sur la zone du Virval. La Chambre de Commerce et dʼIndustrie de Calais sʼest réunie, ce lundi, en assemblée Générale et le projet dʼimplantation dʼun centre Leclerc devait passer en commission départementale mardi dernier…

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